MAJ 2 : Maintenant que vous avez
"Sphères", n'oubliez pas de choper la séquelle
"Sphères 2" que Jethro Bare a enregistré exclusivement pour Assassin-Connexion.net !! Presque 10 ans séparent ces 2 morceaux.
MAJ : Bien que je n'ai relevé aucun problème de téléchargement, il se peut que l'accent sur le mot "sphères" pose problème sur certaines configurations. Donc j'ai modifié le nom pour que tout le monde profite de ce putain de maxi. Surtout faites tourner le lien du DL à tous vos potes (msn, forum, site, etc). Désolé pour le désagrément pour le problème. Peace.
Inédit sur la toile (^^), je vous propose aujourd’hui en téléchargement gratuit et légal le
premier maxi "Sphères" de Radicalkicker aka Jethro Bare sorti en 1997. C’est un maxi très rare aujourd’hui (je l’avais trouvé sur un site allemand à l’époque) et c’est avec plaisir que Jethro et moi nous associons à nouveau pour vous le proposer sur Assassin-Connexion.net.
Le maxi contient 4 morceaux :
01 - Radicalkicker & Dj Wicked Profayt - Sphères (5’47)
02 - Radicalkicker & Dj Wicked Profayt - Sphères (Instru) (4’26)
03 - Radicalkicker & Dj Wicked Profayt - J'ai compris (5’33)
04 - Radicalkicker & Dj Wicked Profayt - Sphères (Remix) feat.Ortal (4’13)
TELECHARGER LE MAXI
A cette occasion, je lui ai demandé de nous repeindre le tableau du paysage de cette époque pour nous remettre dans l’ambiance.
Tribune libre pour Jethro Bare, back in the days.
Lorsque dans les Fnac, Virgin et disquaires spécialisés indépendants, on pouvait voir en rayon le maxi "SPHERES", distribué par le fameux label "Night&Day", le Hip-Hop français offrait un visage tout différent de celui qu’il affiche aujourd’hui. Les gens concernés et passionnés commençaient à se prendre en main, tentaient de monter des structures solides, s’organisaient et s’engageaient très énergiquement pour que ce courant musical, le RAP, devienne quelque chose qu’il ne serait plus possible de nier, ou de mettre sur le coté en le stigmatisant, le caricaturant ou en le singeant. Sur le modèle des américains, la plupart des acteurs motivés de ce mouvement faisaient en sorte que l’on soit pris au sérieux, respectés et un peu mieux reconnus dans ce pays, pas juste pris pour des clowns stéréotypés qui écoutent et font cette "musique sans instrument au débit incompréhensible et saccadé".
Je le dis, pour l’avoir vécu de l’intérieur, et je m’en souviens avec une certaine émotion, BEAUCOUP de braves sérieusement impliqués entendaient imposer cette reconnaissance grâce à la QUALITÉ des produits proposés, disques, évènements, etc. Beaucoup voulaient en finir avec le temps de l’amateurisme coupable qui faisait de nous de jeunes rigolos, en gardant la spontanéité de tout mouvement culturel vivace, mais en faisait l’effort de guerre nécessaire pour que nous soyons perçus à la hauteur de notre fierté d’y appartenir. Textes, productions musicales, concerts, marketing, tout devait être désormais plus carré. Tout le monde s’accordait d’ailleurs sur ce point, B-Boys de la vraie old-school française (80’s), B-Boys dits "new-school" à l’époque (ma génération, 90’s), nouveaux venus, etc. A posteriori, on était encore loin du compte, mais la volonté motivée uniquement par l’amour commun de ce souhait plutôt sain et la dynamique engrangée, reste un souvenir puissant.
Il se passait encore quelque chose ... de vrai.
Nous avons lutté pour ça, tout fait pour ça, vécu et travaillé pour ça, jusqu’au jour où ... jusqu’au jour où les radios se sont effectivement ouvertes, les journaux aussi, les médias pêle-mêle, les points de vente de plus en plus, et ainsi de suite. Dans la brèche, comme souvent, les âmes sales se sont glissées. Forcément, dans ce monde maintenant ouvert où il y avait tellement à construire mais aussi tant de choses à prendre, les envies se sont perverties, ont changé, l’esprit s’est affaiblit, les attentes grandit, la substance siphonnée et la stature décharnée, les idées, la vision et l’art ont été troqué contre de la peur, des pressions, du chantage à l’exposition et de l’argent, et la qualité a bien sur été progressivement reléguée de plus en plus loin, jusqu'à être complètement oublié. Il y avait de moins en moins de talent, toujours plus d’opportunisme, de démagogie, de poudre aux yeux, de trucs dégueulasses à entendre, logiquement .. Fini les Textes, fini l’argot valable et historiquement identitaire, fini l’utilisation correcte du français de manière habile, plus de repères tangibles, plus aucune musique qui ai du sens... Plus rien.
Certains groupes respectables de la bonne époque se sont mis à gérer leurs petits commerces en dépérissant lentement, des artistes de cœur comme FABE ont préféré partir ou se retirer avant la bérézina, d’autres comme ASSASSIN ont continuer la résistance à tout prix, des centaines de B-Boys anonymes des "troupes" de l’underground network ont préféré s’occuper de leurs vies perso plutôt que de continuer à évoluer dans un milieu de plus en plus bidon, avec de moins en moins d’éléments qui font que l’on s’accroche à une culture, ne percevant plus guère de fond dans lequel se retrouver, sentir une énergie commune, plus de vibe, plus d’amour. D’autres, à mon instar, sont retournés à leurs premières émotions d’outre-atlantique pour continuer à s’alimenter du nectar originel, rester plus près de la sensation qui leur plaisait à la base, et qui les avait megablasté.
Aujourd’hui, tous les enfants de banlieue veulent devenir « rappeurs » ; mais ni eux, ni leurs grands frères ne connaissent l’histoire du rap, et encore moins dans quelle mouvance il s’inscrit.
Aujourd’hui en France, rap = jeunes = banlieue = petite frappe mythomane = argent facile = putes imaginaires = musique très faiblarde sans visage = ... quoi d’ailleurs ??!
Ce retour aux clichés dépeints par VSD en 1989 est affligeant.
Bien que le quotidien de l’époque était déjà loin du rose bonbon, je continue toujours de croire en ce que je scandais dans "SPHERES" il y a maintenant plus de dix ans, je suis juste devenu un homme moins crédule. Indépendamment mais en parallèle, le Hip-Hop s’est terni, ma vie personnelle et ma vision du monde se sont considérablement obscurcis, j’ai gagné en force physique et en lucidité, j’ai laissé beaucoup de plumes derrière moi, et aujourd’hui je suis un artiste plus complet.
C’est à la somme de tout ceci, à la mer de sentiments soufrés sur laquelle je navigue et au suc de la lumière noire qui éclaire mon existence, que mes prochains opus sont exposés...
Le futur comme témoin.
JETHRO BARE, juin 2008.
Radicalkicker - "1998"
Jethro Bare - "2008"